lundi 19 mai 2014

La rentrée au CP approche !

Il y a quelques jours, je venais vous déballer tout le plaisir que j'avais à voir mon fils avoir 6 ans.
Du bonheur, de l'or en barre!
C'est une période de sa croissance que j'aime tout particulièrement. Il grandit, s'affirme, montre quelques traits de caractère bien trempés, me fait rire (beaucoup rire) et s’intéresse à tout ce qui l'entoure.

Sauf que 6 ans, ça signifie aussi l'entrée au CP.
 
 
J'en ai pris conscience la semaine dernière, en allant l'inscrire "officiellement" au CP.
Nous y sommes allé à deux, Loulou et moi, et il était nécessaire d'y aller à deux pour sauter ce grand pas.
La cour nous a parue immense, l'école aussi. J'avais l'impression que mon petit Enzo allait entrer au collège. Drôle d'impression !

Mon petit bébé va quitter l'école maternelle pour entrer dans l'école des grands.
L'entrée à la maternelle a beau préparer les parents à la séparation d'avec leurs enfants, 3 ans plus tard, je ne suis toujours pas prête à le laisser s'envoler.
La grande section a beau préparer les élèves au tournant à 180° du CP, il n'y est pas prêt non plus.

J'ai peur. J'ai peur pour lui (même si je sais au fond de moi que tous les enfants doivent y passer), mais j'ai quand même effroyablement peur.
Ancienne instit' je suis bien placée pour savoir que le CP est une classe charnière dans l'évolution de nos enfants. C'est un tournant scolaire qu'il ne faut pas rater. Une étape de sa scolarité primordiale pour les études qu'il entreprendra.
Je sais aussi que l'école est une jungle. Je le sais d'autant plus que j'ai été enseignante dans des quartiers difficiles, dans des écoles en grande difficulté. Je sais que l'école c'est l'apprentissage de la vie, et que malheureusement, je dois laisser mon enfant se confronter à ce monde sans avoir forcément mon aide à portée de main.

Je prends conscience que tout va changer pour lui, et c'est ce qui me donne la chair de poule. 

D'abord l'école va changer : une grande cour, une grande école, davantage d'élèves...j'ai peur qu'il s'y sente mal. Qu'il ne se sente plus "protégé". Je le connais, il est davantage à l'aise dans des groupes restreints. Là, il peut se retrouver "perdu" dans la masse.
D'autant plus qu'il ne sera plus "le grand" de la cour, mais parmi les plus petits.

Puis la classe va être complètement bouleversée : plus de coins jeux, des bureaux, des chaises, un tableau à épier tout au long de la journée et une place où s'assoir 6 heures durant, sans avoir à se lever.
Il va devoir adopter de nouvelles habitudes et comprendre que l'école c'est un lieu où on se pose, où on se concentre, où on écoute.

Le travail scolaire aussi : fini le temps du jeu, des comptines et des ateliers ludiques...maintenant place aux apprentissages de base, aux devoirs et aux leçons. Je serai là pour l'accompagner et l'aider. Bien sûr. C'est mon rôle de Maman et d'ancienne maîtresse. Je saurai l'aider. Mais j'ai peur qu'il se sente en difficulté. Qu'il ait des faiblesses, qu'il se sente en échec.
A la maternelle, il a appris à se sociabiliser, maintenant il va entrer dans le savoir et c'est à ce moment précis qu'il va falloir être vigilent pour qu'il ne se retrouve pas en échec.
Parce qu'un échec scolaire au CP n'augure pas forcément une scolarité sereine.
Je ne veux pas que mon p'tit loup soit ingénieur, dentiste ou chirurgien, mais je souhaiterais qu'il soit suffisamment en réussite à l'école pour qu'il y soit à l'aise et heureux.
Le temps de l'école dans une vie, c'est long, alors s'il peut être heureux d'aller à l'école, c'est temps mieux!

Le rythme ne sera plus le même non plus : les journées sembleront plus longues, plus ardues...il aura hâte de sortir en récré, hâte de quitter l'école.

Les copains, et c'est surtout ça qui m'angoisse, les autres : les enfants sont méchants entre eux, j'ai l'appréhension qu'il n'ait pas de copains, qu'il soit rejeté (même s'il est plutôt sociable), qu'il soit victime de pressions de la part des autres enfants.
Y a tellement de harcèlement à l'école, tellement de racket, tellement d'enfants qui "violentent " d'autre enfants...
Enzo n'est encore qu'un bébé. Tenez, aux puces dimanche, il s'est acheté un doudou, pas un console de jeux, pas des toupies ou autres jouets pour les grands, non, un doudou...


Alors je suis certaine qu'en me lisant, certaines seront à 100% en accord avec moi, parce que vous êtes probablement à l'aube de l'entrée au CP et que vous avez les mêmes angoisses que moi...et d'autres se diront que ma réaction est démesurée, que tous les enfants passent par là et surtout que je dois probablement transmettre toutes mes craintes à Mini Loulou.

Vous n'avez probablement pas tort, mais en tant que maîtresse, j'en ai vu des vertes et des pas mures à l'école, et je peux vous certifier que mes craintes sont fondées. 
J'ai vu de nombreux enfants (trop d'ailleurs) en échec scolaire.
J'ai vu bon nombre d'enfants ayant une phobie scolaire développée.
J'ai croisé des élèves muets, timides et complètement introvertis, en fait, juste effrayés par l'école.
J'ai rencontré des enfants victimes de la méchanceté des autres enfants.
...mais je vous l'accorde, j'ai vu aussi des enfants heureux d'aller à l'école, curieux, intéressés, entourés d'amis...Et c'est ça que je souhaiterai pour mon fils et pour tous les autres enfants d'ailleurs).


Alors pour l'encourager et l'aider au mieux à réussir son entrée et son année au CP, voici mes petits astuces, trouvées ça et là, au fil de mes recherches:

 
- parler de sa propre expérience de l'école (qui a été une réussite), des rencontres, des apprentissages, des découvertes, des bêtises aussi...

- lui montrer tout ce qu'il va apprendre pour lui donner envie (Dites(lui "c'est formidable d'apprendre à lire" ou "tu vas te régaler à explorer le monde" )

- lui montrer qu'il va pouvoir évoluer dans son quotidien (écrire une lettre à ses copains et copines, rendre la monnaie au magasin...)

- lui faire visiter l'école et l'amener souvent devant le portail (pour s'imprégner du lieu), un enfant a besoin de repères

- le faire participer aux achats de rentrée scolaire (le cartable, les trousses et stylos sont autant d'achats qui ritualisent la rentrée)

- lui acheter un réveil pour l'habituer au nouveau rythme scolaire et ainsi lui donner de l'autonomie, il aimera programmer seul son réveil

- ritualiser son emploi du temps pour qu'il trouve son rythme (lever 1 heure avant l'école pour prendre le temps de se préparer et de petit-déjeuner / coucher tôt / repas équilibrés...)
une activité routinière du soir est recommandée pour adopter un rythme scolaire (une lecture, un peu jeu calme, de la musique, dialogue chaleureux...)

- faire confiance aux enseignants et participer à la vie de l'école (réunions, sorties scolaires, pourquoi pas coopérative scolaire ou assemblées de parents d'élèves...nos enfants se sentent bien dans une école quand nous y sommes impliqués PAROLE D'ENSEIGNANTE!)

- ne pas dépasser les apprentissages de l'école, ne pas apprendre à lire à nos enfants avant la rentrée au CP (PAROLE D'ENSEIGNANTE encore!). Les enseignants ont la méthode, la pédagogies et les outils pour apprendre à lire à nos enfants. En apprenant à lire à votre enfant "avant" soit vous le vouez à l'échec, soit vous le plongez dans l'ennui car pendant que les autres apprendront à lire, lui, il s'ennuiera.

- ne pas surcharger ses activités périscolaires (l'entrée au CP est fatigante point de vue rythme), un enfant a besoin de temps libre, pour jouer, pour être avec ses amis, et même pour s'ennuyer

- accompagner son enfant au moment des devoirs est indispensable.  Les parents sont là pour diriger le travail à la maison. Laissez votre enfant vous dire ce qu'il a comme devoirs, laissez-le prendre l'initiative de faire ses devoirs en autonomie mais soyez toujours là s'il a besoin d'aide et vérifiez toujours si tout est bien fait. Mais ne cherchez pas à refaire la classe après la classe.

- ritualiser l'heure des devoirs. Ce doit être un moment ritualisé, programmé, structuré mais pas trop long. Les devoirs sont nécessaires pour "digérer" les informations de la journée.

- ne pas lui mettre la pression (chacun son rythme)

- favoriser le dialogue avec nos enfants pour évacuer toutes les peurs, angoisses et craintes...

Et surtout  
AVOIR CONFIANCE
avoir confiance en lui, faire confiance aux autres enfants, faire confiance aux enseignants et se faire confiance pour laisser entrer nos enfants dans le monde.
Encouragez et valorisez les réussites de vos enfants.
Il faut encourager son enfant pour animer son estime de soi !

Alors voilà, en vous écrivant ce soir, en ayant partagé avec vous mes angoisses et mes peurs, je me sens mieux. Je ne dis pas que début septembre, je ne serai pas en panique totale, mais au moins, de partager avec vous mes craintes (et mes astuces aussi) m'ont permis de relativiser, de structurer et d'organiser cette rentrée à venir.


En attendant...


 






2 commentaires:

  1. Comme je te comprends et ressens les mêmes choses que toi !
    J'ai énormément peur des autres, des grands, qu'il se fassent embêter ou autre...
    Côté école, il est content et impatient d'apprendre, mais je reste méfiante car pour la maternelle c'était pareil puis à la fin de la première demi journée, il m'a dit : "ça y est j'ai été à la maternelle, j'ai vu, c'est fini" et un an de galère...
    Alors j'espère vraiment que nos loulous seront s'adapter et apprécier cette nouvelle étape !
    Allez on a encore un peu de temps... bises

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  2. comment lire ce blog quand la premiere photo est... étrange...je n'ai jamais été fan des parents qui embrassent leur enfant sur la bouche, venant d'une ''ancienne instit'', je ne pense pas que ce soit la meilleure chose à faire il y à bien d'autres façons de montrer son affection à son enfant.

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