jeudi 5 février 2015

Il pleure pour aller à l'école !

 

Ces derniers temps, Mini Loulou nous rabâche à longueur de journée qu'il n'aime pas l'école.
Tout est prétexte à ne pas aller à l'école. Il n'en n'est pas encore au point de la phobie scolaire (enfin je ne crois pas) mais il a un véritable blocage qui m'inquiète.


Déjà en maternelle ...

Il avait déjà eu cette phase de rejet de l'école, à son entrée en maternelle, ça avait duré plusieurs mois, je me souviens. Plusieurs mois à pleurer chaque matin pour aller à l'école, à tenter de le convaincre qu'il allait faire de belles découvertes et de belles rencontres, à l'extirper de mes "jupes" pour qu'il entre enfin dans la classe. Ce fut très difficile pour lui, comme pour nous.

Et puis, courant mars, c'est passé comme c'est venu. Il s'est fait des amis (et amiEs surtout), et il a commencé à apprécier d'aller à l'école.
En Moyenne section de maternelle, tout s'est bien passé, c'est l'année scolaire où il a eu le plus d'amis. Des amis proches, avec qui il partageait du temps en dehors de l'école.
En Grande section, il avait aussi des amis, des repères, avec qui tout se passait bien. Et puis la maîtresse était très proche de lui, très douce et très attentionnée.
Entouré, il a volontiers accepté d'aller à l'école.

Cette année, pour le CP... il a été changé d'école. Pas par notre volonté, mais par la décision arbitraire des enseignants, en conseil d'école, qui ont départagé les enfants en deux "paquets" pour rejoindre les deux groupes scolaires. Et bien sûr, au lieu de respecter les amitiés, les affinités et les sensibilités de chacun, les enseignants ont cassé les groupes, ont fracturé des amitiés de 3 ans... seuls décisionnaires de l'avenir de nos enfants.
J'ai été très peinée d'apprendre qu'il était séparé de tous ses amis. J'en ai été malade ! On a eu beau tenter l'impossible pour qu'il rejoigne ses amis, rien n'y a fait !
Je ne rentrerai pas dans la polémique en vous disant à quel point les enseignants ont été bornés à ce sujet. A quel point ils se sont foutu du bien-être de nos enfants. C'est écœurant mais c'est un autre sujet !

Et puis, la rentrée au CP s'est faite. Il a de suite accroché avec un petit copain, et ils étaient très heureux de se voir. De septembre à décembre, l'école n'était pas un problème. Il n'aimait pas trop ça, mais il y allait volontiers.
Mais depuis décembre, nous subissons chaque jour, ses pleurs, ses lamentations, son chagrin pour aller à l'école.


Au CP, le décrochage ... les pleurs, le mal-être et notre détresse

Il pleure la veille, le matin au lever, et surtout, il pleure derrière le grillage, en me suppliant de ne pas le laisser à l'école.

Et c'est terrible de voir son enfant pleurer, sans pouvoir faire quoi que ce soit.

J'observe deux sources de problème dans sa difficulté à aller à l'école :
- il n'aime pas l'école (c'est un fait, il nous le répète souvent...comme son père à son âge)
- et il n'a pas de copains

Et à l'heure où je vous parle, je ne sais plus quoi faire pour résoudre ces problèmes...

En tant qu'enseignante (dans ma vie passée) je savais quoi faire pour les enfants qui n'aimaient pas l'école et qui pleuraient à leur arrivée. J'essayais de les accueillir, de ne pas les laisser seuls. Je tentais par de nombreux moyens de les intéresser, de les impliquer, de leur donner des responsabilités, de leur donner le goût d'aller à l'école. En tous cas, je ne lâchais rien.

Mais là... une fois qu'Enzo est rentré dans l'école, je ne peux plus rien faire. Je lui tiens la main à travers le grillage, j'essaye de le raisonner, on attend les enfants de la classe ensemble, je lui explique qu'il va découvrir plein de nouvelles choses.
Parfois je joue la carte de l'énervement : je lui dis qu'il n'a pas le choix, que l'école est obligatoire et qu'il doit s'y faire.
Parfois je le secoue un peu en lui disant qu'il faut positiver, qu'il faut prendre sur soi... et qu'il ne doit pas se conditionner à pleurer, mais plutôt à voir le bon côté des choses. Qu'il a 6 ans et qu'il faut grandir.
Parfois je suis totalement absurde en rentrant dans son jeu, en lui disant, ok, tu ne vas plus à l'école...mais tu ne pourras pas avoir de métier .

Bref j'essaye tout et n'importe quoi !

Et croyez-moi, c'est dur ! Même si certains pensent peut-être que c'est du caprice, même si certains pensent peut-être que je suis trop maternante, pas assez sévère. Même si certains pensent que c'est normal qu'un enfant pleure. Même si certains pensent que je devrais lâcher mon fils. Même si certains pensent qu'il devrait comprendre de lui-même...

Je me moque du jugement des autres et du regard des autres quand je suis au grillage, à essayer de le rassurer et de le motiver. Ce sont de mauvaises langues qui ne comprennent pas la peine qu'il peut ressentir à ce moment-là. Ce sont des gens insensibles qui sont persuadés qu'ils ont la solution miracle. Parfois j'en vois nous montrer du doigt à leurs enfants... Non mais pour qui ils se prennent ! Bande de cons !

Il est en souffrance (même s'il en rajoute peut-être un peu). Il est anxieux.  On le sent mal. Et je n'aime pas ça. Quand il rentre dans l'enceinte de l'école, son visage change. Je sais qu'il se retient de pleurer. Il erre un moment dans la cour, sans aller vers un enfant en particulier. On le sent perdu au milieu de la cour. Et d'un coup, il relâche tout et sanglote.
Je sais, depuis tout petit déjà, qu'il se sent perdu dans les grands groupes. Il n'y trouve pas sa place. 

Trouver une solution, en urgence !

Alors que faire ?
J'ai lu un tas d'articles à ce sujet, pour trouver une solution, parce que le problème est récurrent depuis son entrée à l'école maternelle, parce que je n'aime pas le voir souffrir, et parce que l'école étant obligatoire, il va falloir qu'il trouve le moyen de s'épanouir, aussi, à l'école.

J'ai lu quelques pistes ça et là, que je vous livre, si vous aussi êtes dans cette situation difficile. Personnellement, je suis à cours d'idées pour améliorer la situation. Et comme je culpabilise énormément, parce que je pense au fond de moi que c'est de ma faute (parce que c'est forcément la faute des parents) ...trouver une solution au problème devient urgent.

Quelques pistes de travail 

Voici quelques pistes de travail :

- rassurer notre enfant sur le rythme et l'organisation de sa journée  (c'est fait, ça n'a pas suffi, pourtant chaque matin nous lui expliquons l'organisation de la journée)

- expliquer à son enfant la chance extraordinaire qu'il a à aller à l'école (testé et inapplicable à un enfant de 6 ans qui ne voit pas encore l'intérêt d'apprendre)

- installer des rituels du matin, pour l'aider à aller à l'école (pas testé mais pas pertinent pour moi, car c'est au moment de rentrer dans la cour d'école que le problème se corse)

- s'assurer qu'il n'y a pas de gros problème à l'école (c'est le point de départ, dans la recherche de solutions...c'est primordial)

- modifier l'heure d'arrivée à l'école : plus tôt ou plus tard...tout dépend de l'enfant (on a testé, plus tard, pour qu'il y ait déjà ses camarades dans la cour... ça n'a pas fonctionné)

- discuter avec la maîtresse aussi souvent que possible pour montrer à votre enfant que vous êtes impliqués (fait, mais le problème vient aussi du fait que les enseignants ferment les yeux sur ses pleurs quotidiens)

- inviter les copains à la maison, pour créer un lien fort (...j'aimerais, mais il ne s'est pas fait de véritable copains)

- essayer de ne pas transmettre ses propres angoisses (même si c'est archi difficile...mais sur ce plan, je positive pas mal car, moi, j'aimais aller à l'école)

- mettre en place de petits rituels pour la classe  : photo des parents dans la trousse, petit cœur ou mot doux sur la main, doudou dans le sac... (pas testé !)

- ne pas s'éterniser devant la grille de l'école (c'est là moins gros point faible, je lui tiens la main jusqu'à ce qu'il parte avec un autre enfant

- dessiner un cœur au creux de la main de son enfant  -Une idée lumineuse de Marjoliemaman- (je teste ce matin, en désespoir de cause...à voir )



Des solutions, il y en a plusieurs sur internet, dans les forums, sur des blogs de mamans, dans les bouquins ...mais des solutions qui fonctionnent, je n'en n'ai pas trouvé !

La carotte ? 
 
La seule solution qui me semble efficace (mais que je n'ai pas testé), c'est la carotte.
Oh... vous allez me dire que c'est mauvais d'encourager ses enfants à aller à l'école ainsi. Qu'il ne faut pas passer par la récompense. Mais je vous rappelle une chose scientifiquement prouvée : c'est seulement à partir de 25 ans qu'on a la capacité à comprendre qu'il y a un avenir. Avant on ne se projette dans le futur... alors à quoi bon d'aller à l'école et d'apprendre ?

Moi, je ne vois que cette solution : l'encourager par des récompenses... Puisque la motivation ne nait pas au sein de l'école, il faut qu'elle naisse ailleurs, par d'autres moyens !

En tous cas, c'est une piste, et une piste seulement, car cela ne résoudra pas le problème du manque de copains... Parce qu'en somme, sa motivation, ce sont ses amis, son entourage.


Que faire ?






9 commentaires:

  1. Bonjour , désolé je vais pas être une grande aide
    Moi ma fille qui est en maternelle est ravie d'y aller , elle irais tous les jours si elle le pouvait

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    1. Quelle chance tu as ! C'est vrai, l'école c'est tellement long et important. Il vaut mieux y aller avec le sourire !

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  2. Pas facile d'autant qu'en tant que parents on culpabilise beaucoup. Et puis tu as la double casquette car tu as la chance... ou pas de savoir comment ça peut se passer à l'école. L'instit y est pour beaucoup je pense, du moins ça fait beaucoup, son attitude, son écouté, sa contenance... qu'est qu'il en dit lui? Est ce qu'il met des mots sur tout ça? Qu'est ce qui le rebute à ce point? Ici on s'est questionné sur les pédagogies différentes ou l'enfant est acteur de ses apprentissages, ou on le considère vraiment ,ou l'adulte est à l'écoute et s'adapte et donne du sens à ce qui est appris en classe. Pour moi toutes les écoles devraient fonctionner comme ça. Ça aiderait bien des enfants à aimer l'école. Ms ds le var peu de possibilités. Plein de courage car ce n'est pas simple. Elo

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    1. C'est vrai qu'en tant qu'ancienne instit, c'est pas évident de voir que les enseignantes ne font pas grand chose pour lui... ni pour l'école de manière générale. Moi aussi j'aimerais des classes qui favorisent d'avantage l'intérêt des enfants... mais c'est utopique, surtout dans la société actuelle !
      Merci pour tes encouragements.
      Bises

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  3. Oh mince, pauvre Enzo, et pauvre Toi, comme je te comprends, j'aurais le coeur brisé de le voir pleurer tous les jours...
    Et le fait d'apprendre ne le motive pas?? Nous il adore nous raconter tout ce qu'il apprend...
    C'est vraiment dommage, et tu ne peux pas "jouer" de son mal être pour le changer d'école??
    Je te souhaite bcp de courage, c'est clair que ça ne doit pas être facile...
    Bisous

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    1. Ben non Céline, il n'est pas plus content que ça d'apprendre... pourtant il progresse, pourtant il n'est pas mauvais élève. Mais il se fout d'apprendre, persuadé qu'il sait déjà tout.
      Pour le changement d'école, on y songe... la décision est difficile à prendre car je ne voudrais pas le séparer d'éventuels copains qu'il pourra se faire d'ici la fin de l'année.
      Dur dur ...

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  4. Coucou ! Pour ma part, je vérifierai s'il n'y a pas de souci avec les petits copains... parfois ce n'est pas l'école qui coince mais les jeux dans la cour, le temps de cantine .... Après je n'hésiterai pas aller consulter quelqu'un pour le faire parler... même juste une fois ça peut aider pour débloquer.( On l'a déjà fait ... pour autre choses...)
    Pour ce qui est de l'apprentissage, je me suis souvent pris la tête pour les devoirs ... en grandissant tout rentre dans l'ordre... Titou a toujours bien travaillé mais il n'y a que cette année qu'il prend réellement plaisir à travailler ... Tu nous diras ...BISES

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  5. Bonjour,
    Je viens de lire votre article et je retrouve beaucoup ma fille dans la description de votre fils. Où en êtes vous aujourd'hui ?

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  6. Bonjour,
    Je suis aujourd'hui dans le même cas que vous.mon fils pleure tous les jours quand je le dépose à l'école. Je ne sais pas quoi faire. Comment ça s'est denoué pour votre fils ?

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