jeudi 2 juillet 2015

Au revoir le CP !



Il est déjà l'heure de dire au revoir au CP.
Il me semble que c'était hier cette époque où nous craignions de voir entrer notre petit bouchon au CP.
D'abord parce que c'est une étape charnière de sa scolarité mais aussi (et surtout) parce que, souvenez-vous, il avait été séparé du reste de ses amis.



Nous avions passé un été d'angoisse et de stress à l'idée de le laisser seul dans cette nouvelle école "de grands", dans cette nouvelle classe, avec cette nouvelle maîtresse (qui n'avait pas voulu entendre nos demandes pour le changer d'école) et avec ces nouveaux enfants qui, nous l'espérions, allaient être ses amis.

Quelle poids dans le ventre, quelle pincement au cœur quand on sait que notre enfant est un grand sensible, et qu'il va être confronté à tant de nouveautés alors qu'il franchit le cap impressionnant du CP.

Et puis il a fait sa rentrée, une toute petite larmichette à l’œil, mais rien de plus. Quel étonnement ! Il nous a épaté. Il était bien plus fort que nous le pensions, et surtout, bien plus fort que nous.

Le début d'année fut agréable, content d'aller à l'école, il ne posait aucun souci.

Et puis en janvier (date qui correspond exactement à ma virée Parisienne, aux attentats, au fait que j'étais MOI AUSSI à Paris, dans tout ce miasme d'insécurité) il a eu un coup de mou. Il a beaucoup pleuré. Il voulait rester avec moi. Il ne voulait pas qu'on le quitte.
Il a surement (un peu) joué sur la corde sensible, il a beaucoup pleuré, chaque matin pour aller à l'école. Il se plaignait de ne pas avoir de copains, de se sentir seul à l'école, de souvent observer l'horloge en attendant de nous retrouver. Probablement un sentiment d'inconfort qu'il ressentait tout au fond de lui.
Tout ça a duré jusqu'à ce que nous prenions rendez-vous avec la maîtresse, qui nous a dit tout le contraire, qu'il jouait beaucoup avec ses copains, qu'il n'était pas seul...et que nous devions le laisser le matin à l'école, sans nous retourner, sans rester plusieurs longues minutes au grillage à lui tenir la main.

Ce fut difficile, mais nous avons réussi.

Après cet épisode de pleurs, il y a eu la chute vertigineuse dans ces progrès scolaires. Il s'est complètement laissé allé. De février à mai, nous avons été convoqués plusieurs fois pour trouver une solution à ses difficultés en lecture. Il a pris du retard, sans qu'on s'en aperçoive, alors que la lecture se faisait plus ardue et les apprentissages plus complexes (je passe, bien sûr, sur ma culpabilité en tant qu'ancienne maîtresse a ne pas avoir réussi à détecter ses difficultés...)

Et là... nous avons tout entendu. Ces "gros" mots qui marquent notre époque ont été posé sur mon fils. Ces mots-étiquettes qui finissent par ne plus avoir de sens tellement ils sont employés sans fondement, sans compréhension, juste parce qu'ils sont à la mode.
Les gens autour, des parents, des amis, des connaissances et même d'illustres inconnus, au détour d'une discussion sur un banc au parc, ont posé le diagnostique, un diagnostique de comptoir...un diagnostique loufoque ... qui laissait entendre que mon petit bout était à la fois Dyslexique, Surdoué et Hyperactif... Ben voyons!
Tout et n'importe quoi dans une même phrase ! Alors que ses maîtresses, elles, ne posaient aucun diagnostique, parlant simplement d'un manque de concentration.
Et moi, sa maman, je croyais plutôt à de la fainéantise et à un manque considérable de maturité. Il n'avais pas envie d'apprendre, mais plutôt de discuter et de s'amuser ayant toujours eu un peu peur de l'école. Il n'avait pas envie de grandir, tout simplement.

Nous avons passé 3 mois à nous poser des questions, à interroger quelques professionnels de l'enfance que nous croisons dans notre quotidien (pédiatre, orthophoniste, enseignants, médecin généraliste)...parce que même si nous étions pratiquement persuadés qu'il n'avait pas de problème, les discours alentours nous alertaient, et nous ne voulions pas être de "mauvais parents" et passer à côté de ses difficultés. Nous étions sur le point de faire un bilan orthophonique et de prendre rendez-vous avec un péso-psychiatre. Mais notre bon sens nous a laissé seul juge, et nous avons fini par prendre du recul et lui laisser du temps, avant de le catégoriser comme étant "un enfant en difficulté". Nous n'avons pas voulu l'ancrer dans une situation d'échec...

Et puis il a été pris en charge par la maitresse en aide personnalisée (6 séances au total de 20min), il a été vu par une aide spécialisée, à l'école, dans le cadre de ses apprentissages ... sans aucun diagnostique en "Dys"...
Nous ne l'avons pas lâché nous non plus (nous mettant dans des rages folles parfois, au moment des devoirs, mais il ne fallait pas lâcher!)...
Et aujourd'hui, nous pouvons dire que nous sommes sortis de ce carcan qui nous étriquait. Enzo ne lit pas encore parfaitement, mais il a acquis les bases, il semble davantage impliqué dans les efforts qu'il doit fournir et s’intéresse davantage à son "travail" d'écolier.

L'apprentissage de la lecture me fait bizarrement penser à l'apprentissage de la propreté. C'est une question de maturité et d'envie. Et ça, malgré tous les efforts que nous fournissons, nous parents, nous ne pouvons pas "faire" à leur place. Il leur faut le déclic pour progresser.
Et parfois, l'aide d'une tierce personne se révèle être très efficace.
En lecture, comme pour la propreté, nous avons tout essayé, mais il a fallu un élément déclencheur pour que tout se mette en place.


Et si on avait tout simplement parlé de maturité !
Enzo est un petit garçon "cocooné", fils unique,  qui n'a pas vraiment envie de grandir...alors laissons-lui le temps.
Surtout qu'il est doué dans plein d'autres domaines que la lecture.
Pas d'inquiétude à avoir.

A présent, nous quittons le CP (enfin, je devrais dire IL quitte le CP) avec un brin de nostalgie. Aujourd'hui il est bien dans ses baskets, "presque" heureux d'aller à l'école, il est populaire au sein de sa classe (c'est impressionnant d'ailleurs), a plein de copains, des petites chéries et progresse chaque jour davantage.

Alors aurevoir le CP, à bientôt le CE1.
Merci aux maîtresse d'avoir su trouver les mots pour qu'il grandisse.
Merci aux maîtresse de ne pas avoir étiqueté Enzo sous un nom barbare qui, au final, déstabilise plus que ce qu'il n'aide l'enfant.
Merci à elles de lui avoir laissé le temps.

...Il y a un an, je croyais qu'il était dans la "mauvaise" école. Je me désespérais de le voir séparé de ses amis, je craignais pour lui, j'avais peur qu'il ne s'acclimate pas...et disons-le, que ça ait un impact sur sa scolarité toute entière (il suffit parfois d'un rien pour créer des "phobies" scolaires)
Au final, il semble heureux, avec de nouveaux amis (avec qui il est parti 4 jours en voyage scolaire), des amis pour la vie. Son école est familiale et ses maîtresses ont assuré !

"Bye Bye le CP", dit la Maman avec un intense pincement au cœur.
Je termine ce billet avec la nostalgie du temps qui passe ...

Blog Maman (im)Parfaite
Ne grandit pas trop vite !

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