lundi 9 février 2015

"Putain" que c'est dur d'être Parents !

 
Il y a quelques jours, au détour d'un billet très chargé en émotions, je vous écrivais ma peine et mon inquiétude à voir Mini Loulou pleurer chaque jour, depuis plus d'un mois, pour se rendre à l'école.
C'était ici.

A ce moment-là, j'avais observé son comportement, extirpé deux raisons à son mal-être et déniché des tas de solutions ... mais aucune n'avait marché !


A l'époque, je croyais qu'Enzo n'aimait pas l'école (ce qui n'est pas complètement faux), et qu'il avait besoin de copains, de repères, d'un entourage stable et rassurant, pour aller à l'école sereinement.
Mais en fait, à force de discuter avec lui et à force de lucidité aussi, je me suis rendue compte que le problème ne venait pas vraiment de lui, mais de nous, ou plus exactement de moi.

Nous l'avons beaucoup questionné, pour essayer de comprendre pourquoi il ne voulait pas aller à l'école, pourquoi il n'aimait pas l'école, pourquoi il n'avait pas vraiment de copains cette année... Et nous avons conclu qu'Enzo n'était pas mature.
Un manque de maturité certain qui l'empêche de grandir, qui l'empêche de s'ouvrir au monde qui l'entoure, qui l'empêche de se faire des amis.
Il ne veut pas grandir à cause de nous, à cause de moi... parce que moi non plus, au fond, je ne veux pas qu'il grandisse. Parce qu'il est fils unique, parce que je n'aurai qu'un seul enfant, et parce que je ne veux pas que le bonheur qu'il m'apporte ne s'échappe. Je veux profiter de lui, encore et encore, et moins vite il grandit,  plus j'aurai de temps pour vivre intensément ce bonheur. C'est égoïste je sais... Mais ça n'était pas conscient !

Seulement voilà, si je veux qu'il évolue et qu'il grandisse en s'épanouissant, il faut que je me brime, moi. Il faut que je fasse une croix (en tout cas partiellement) sur mes envies, sur ma personnalité de Maman Poule, pour qu'il grandisse heureux !
Je dois le faire pour lui.
C'est un petit garçon qui a besoin de nous (et heureusement), mais il est peut-être un peu trop proche de nous... faisant le sacrifice des soirées et des nuits ailleurs qu'à la maison, parce qu'il veut être avec nous. Faisant le sacrifice de beaux moments en dehors de nous, parce qu'il veut nous voir, nous toucher, être contre nous. Le seul moyen pour qu'il dorme sans nous, c'est de dormir tout contre quelqu'un d'autre : Mémé, Mamie, Papi... mais en tous cas , quelqu'un !
En fait, ses repères, c'est nous, c'est moi en particulier. Son espace se réduit à l'espace familial, à l'espace maternel...et rien ne compte autour.
Que ce soit dans son quotidien avec nous, ou lorsqu'il est gardé (car le soir nous travaillons), il est toujours avec une personne de confiance, en petit comité. Et plutôt avec des personnes maternantes qui le rassurent. Il n'est jamais noyé dans un grand groupe ... sauf à l'école !
Et cet univers rassurant, nous l'avons crée dès sa naissance en lui évitant la crèche au profit d'une nounou. En évitant centre aéré et cantine, le préférant avec nous pour des activités familiales. En évitant les environnements anxiogènes...On a même eu la mauvaise habitude de l'endormir avec nous... (à cause de notre rythme de vie particulier). On a tout faux !

Du coup, le matin, quand il va à l'école, il ne veut pas me "lâcher" (comme il le dit si bien lui-même), il m'assure que je vais trop lui manquer. Évidemment ! Puisqu'il va se retrouver noyé dans un grand groupe, sans repères stables, sans une "maman" à ses côtés. Et il pleure, jusqu'à ce qu'il ne nous aperçoive plus (ça, nous l'avons découvert ce vendredi). Il essaye de nous faire culpabiliser de le laisser là. Comme si nous l'abandonnions.
C'est pour ça aussi qu'il ne va pas vers les autres enfants, il ne veut pas se détacher de nous, au risque peut-être de nous faire souffrir (dans son subconscient)  s'il à d'autres points de repères que nous. Il laisse de côté les autres pour n'être qu'avec nous.
Et s'il n'aime pas l'école, c'est indirectement lié également , il ne veut pas apprendre pour ne pas grandir.
Tout est lié, même s'il y a d'autres facteurs à prendre en compte.

Et c'est de notre faute, de MA faute car je le materne beaucoup, parce que je câline énormément, parce que je suis toujours là pour lui, parce que je suis sans cesse à son écoute, parce que je ne lui laisse pas assez d'espace pour grandir.
Il m'a dit aujourd'hui qu'il "aimerait bien être dans mon ventre, au chaud, avec moi"...
C'est exactement ce que j'ai ressenti le jour de sa naissance : il me manquait déjà. J'avais besoin de sa présence dans mon ventre, contre moi. J'aurais tant aimé être une maman kangourou.
Et aujourd'hui, pour qu'il grandisse, pour qu'il soit heureux, équilibré et épanoui, je dois aller contre mes propres envies, mes propres besoins, pour lui.
Je dois le faire...mais je ne suis pas prête à tout. Je ne sais pas comment m'y prendre, parce que notre complicité est nécessaire, parce que notre amour l'un pour l'autre est d'utilité publique, et parce que notre lien est unique.
Va falloir faire un sacré boulot ! Parce que j'ai agit depuis 6 ans sans réfléchir, tout naturellement.

D'un autre côté, je crois que Papa doit, lui aussi, modifier ses habitudes (y a pas de raison qu'il n'y ait que moi qui bosse !).
Pour sa part, je suis convaincue qu'il doit initier Enzo a des activités plus masculines, à des activités "à risque" qui ne le ménagent pas forcément. Pour qu'il s'endurcisse, pour qu'il prenne confiance en lui, et pour qu'il s'affirme.
Des activités sportives, de mecs, des activités moins pépères que celles que j'entreprends avec lui.

Il doit avoir accès à l'artistique et la créativité mais aussi au sport et à la combativité.

Peut-être que je suis trop présente par rapport à son Papa...


C'est très dur, très très dur de se dire que pour aider son enfant à grandir, il faut lui permettre de s'éloigner de nous. Il faut lui donner les clés du monde, et non pas l'enfermer dans notre environnement maternant.
C'est pourtant si bon de "jouer à la Maman Poule"!!! C'est un déchirement pour moi, mais un déchirement utile et nécessaire.

Pas question de l'obliger à manger à la cantine ou à aller au centre aéré (j'ai mes exigences !)... mais je suis prête à faire des efforts pour qu'il devienne indépendant.

Je dois accompagner Mon Petit Homme sur la voie de l'indépendance.
Je dois m'efforcer de l'aider à grandir.


J'aurais du m'en rendre compte plus tôt...je crois que je m'en étais déjà rendu compte, en fait...mais ça m'allait bien qu'il ait besoin de moi, qu'il veuille des câlins, qu'il me demande de l'aide, qu'il ne veuille que de nous... Je le savais au fond de moi... Quand il demande sans arrêt ma présence pour jouer, quand il demande de l'aide pour mettre ses chaussettes, quand il me demande très souvent mon aide pour tout et n'importe quoi.. Je le savais mais mon rôle de Maman était ainsi mis en valeur... Et puis j'aime ça, l'aider ! Je trouve ça normal !

Alors aujourd'hui, je vais devoir prendre le taureau par les cornes, retrousser mes manches et le laisser grandir. Parce qu'on a tout tenté (ou presque), nous l'avons sermonné, nous avons beaucoup discuté avec lui, nous avons essayé de le comprendre, nous lui avons fixé des objectifs. Mais à quoi bon les mots, quand c'est à nous de changer ?

Cela dit, les mots, c'est bien beau. Mais de passer à l'action c'est mieux. Il va falloir que nous passions à l'action, nous parents, pour l'aider à grandir...et ça, ça ne va pas être simple!

J'ai lu que...
 je devais l'accompagner sans l'étouffer, 
ne pas céder à tous ses caprices, 
pourquoi pas me faire aider par la famille, ou par un professionnel, 
que je devais le laisser se tromper pour qu'il progresse,
que je devais le laisser exercer sa liberté tout en le protégeant...mais pas trop quand même, il ne faut pas tomber dans la surprotection
je dois, je dois, je dois.... sans trop ... 
C'est compliqué d'être parents !

Là, c'est la Maman (im)Parfaite qui voudrait être parfaite qui vous parle !




 Alors pour débuter dans cette nouvelle croisade de parent je vais tenter de suivre certains des conseils trouvés ici (sur Maman pour la vie.com) :


Je vais tenter de lui donner quelques responsabilités quotidiennes 

Je vais arrêter de faire à sa place

Je vais lui faire confiance en le laissant faire seul

Je vais arrêter de me stresser même s'il se trompe, même s'il salit, même si tout n'est pas parfait

Je vais essayer d'entendre ses idées et ne pas brimer ses souhaits

Et nous allons prendre rendez-vous avec la maîtresse et lui faire prendre quelques séances avec un professionnel.

Ce sont des résolutions à ma portée, que je vais tenter d'appliquer au quotidien... 

 Et puis je vais abandonner certaines de mes attitudes qui nuisent à son autonomie et à son indépendance :

Comme ... le surprotéger

Comme ... lui poser une tonne de question, tout le temps, pour tout

Comme ... tout gérer pour lui

Comme ... l'accompagner aux sorties scolaires le plus souvent possible


Et puis, je vais peut-être me mettre à lire L'estime de soi des 6/12 ans... (bouquin dont sont tirées ces belles résolutions)

Et voici ce que j'ai imprimé, et collé sur le frigo... pour m'en rappeler quotidiennement !



A MÉDITER !


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EDIT : 

Un GRAND MERCI à toutes celles et ceux qui ont participé au Jeu-Concours du week-end, pour tenter de gagner des entrées offertes au Zoo de La Barben

Les GAGNANT'E'S sont :

Jessica ArruaLevig
et
Cath Clavilier 

Vous GAGNEZ chacune 2 entrées OFFERTES au Zoo de La Barben !
Félicitations !!!!

Envoyez-moi un mail ou message privé sur Facebook pour me communiquer votre adresse postale !
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8 commentaires:

  1. Pas facile tout ça. Filliozat à de supers bouquins. En tous cas tt ce que vous comptez mettre en place me semble chouette. Pas facile de ne pas les suproteger de les laisser évoluer... sans être toujours derrière. Bon courage à vous 3car c'est une affaire de famille. Et ne te jette pas trop la pierre non plus! Elo

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    1. C'est gentil Elo... ton réconfort et ta tolérance font plaisir, car en effet, dur dur de trouver le juste milieu entre les protéger et les laisser grandir. Et il est vrai que notre rythme de vie "un peu différent" nous a poussé vers une éducation un peu spéciale. Mais ça n'excuse rien, on s'est planté !
      Bizzz

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    2. Non pas planté. Éduquer c'est super dur. On essaie on tâtonne on réajuste avec nos histoires, nos vies... vous allez faire différemment pour le bien-être de tout le monde et bah chapeau car c'est dur de réajuster.

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    3. C'est dur mais c'est nécessaire... mais je ne te cache pas qu'on en chie. Parce que maintenant qu'on a pris conscience de nos lacunes, c'est difficile de rectifier le tir.

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  2. c'est pas facile tout ça mais c'est chouette de se rendre compte qu'on fait fausse route et qu'on essaye de changer. ça va pas être facile tous les jours. on les aime nos bouts de chou et on a envie de les aider ... c'est pas toujours facile de savoir quand arrêter d'aider .... on est tous imparfaits dans notre manière d'éduquer un enfant, il n'y pas de solution miracle. la solution parfaite ne le sera pas dans une autre famille car tout dépend des caractères de chacun. courage dans ces bonnes résolutions et revient nous dire si ça marche et s'il arrête de pleurer pour aller à l'école. courage. Sophie

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    1. Je vais appliquer mes bonnes résolutions. Nous allons essayer de l'aider à gagner en autonomie. On a tous décidé de faire des efforts, en espérant que ça fonctionne ! Bizzzz et merci pour ce message réconfortant !

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  3. Je vais reprendre votre phrase ... putain, que c'est dur d'être parents !!!! Bon courage a toutes :-)

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